REX radioprotection – RAMSAY Monticelli Vélodrome
Le système a été installé en octobre 2022 dans les 5 salles de bloc de notre établissement RAMSAY Monticelli Vélodrome à Marseille en collaboration avec l’équipe de Rays Up, afin de conduire une évaluation nationale pour le groupe RAMSAY.
Christophe GUILLALMON, Responsable du Service de Médecine Nucléaire, Conseiller en Radioprotection de l’imagerie Clairval et de la Clinique Monticelli/Vélodrome
Le dispositif de radioprotection
Deux détecteurs RiumBox ont été installés dans chacune des salles, afin de quadriller les zones à évaluer. Les RiumBox mesurent en continu l’activité radiologique à l’intérieur de chaque salle. Les informations sont consultables à tout moment au moyen de l’interface RiumWeb, en se connectant sur le portail internet.
L’installation des appareils ne nécessite aucuns travaux (ce qui est très appréciable surtout aux blocs opératoires). Les capteurs se fixent sur les parois et le raccordement se fait par l’intermédiaire d’une simple prise 220V et d’un accès WIFI.
Et d’un point de vue opérationnel ?
Parmi les principales problématiques des blocs pour un CRP, deux d’entre elles sont :
- Pouvoir estimer le plus justement possible la fréquence d’émission des appareils RX ;
- Avoir une idée précise de « qui fait quoi ? ».
Pour répondre à ces questions cruciales et ainsi quantifier le plus justement possible le risque radiologique, ce système est une avancée significative. Il est à présent possible de connaitre l’heure et la durée des déclenchements RX. En fusionnant ces informations avec les plannings opératoires informatisés, l’attribution des expositions, le type et le nombre de procédures, deviennent nominatives pour tous les intervenants clairement identifiés. C’est notamment le cas des Chirurgiens, de leurs Instrumentistes attitrées et des Anesthésistes.
Le recueil de ces informations nominatives permet d’estimer la dose reçue par chacun en fonction de son poste de travail théorique et sa distance par rapport à la source. Le quadrillage de la salle par deux détecteurs donne des mesures complémentaires, qui permettent une meilleure estimation de la quantité de rayonnement qui arrive jusqu’aux capteurs (notamment dans le cas où le matériel en salle pourrait faire écran).
Remarque :
Si la méthode de cumul de dose utilisée par Rays Up (en lien avec l’inverse du carré de la distance) peut être soumise à discussion, il faut garder à l’esprit que l’estimation du risque et la métrologie sont deux disciplines complétement différentes. Les résultats ainsi obtenus permettent tout de même une bonne estimation des grandeurs en présence.
Cette plus juste évaluation des émissions, permet entre autres la mise à jour des « études de postes » théoriques. Ces dernières restent, selon ma conviction, tout de même indispensables pour l’évaluation des doses aux cristallins, aux extrémités et pour la prise en compte des événements d’exposition inhérents aux postes de travail. Il est alors possible pour chaque CRP de vérifier si les résultats des deux approches sont cohérents. Ce qui est le cas pour notre établissement.
Des rapports trimestriels individualisés permettent de connaitre l’exposition des opérateurs et d’anticiper ou de confirmer la dose annuelle de chacun.
Les résultats obtenus font apparaitre dans notre cas, des niveaux d’exposition inferieurs à 1mSv/an pour un grand nombre d’intervenants.
Ce qui pose clairement la question du déclassement de certains travailleurs !
Exploitation des résultats
Les résultats sont présentés sous forme de tableau nominatif :
Pour les IBODES, qui ne sont pas, dans mon cas, clairement identifiés dans le système, la somme globale des expositions à ce poste est ventilée en fonction de l’effectif et des spécificités des agents (cas des travailleurs à temps partiel, poste dédié, etc…) car il est difficile de connaitre avec exactitude qui était où et combien de temps pour cette catégorie de personnel.
Pour les travailleurs non-salariés, chirurgiens et anesthésistes, dont les expositions individuelles sont connues car ils sont clairement identifiés lors des procédures, deux hypothèses sont possibles :
- Soit, les doses corporelles sont proches ou dépassent les 1mSv/an, dans ce cas ils sont classés et font l’objet d’un suivi par un OCR ;
- Soit, ils sont très en dessous des 1mSv/an et là le chef d’établissement de l’EU* peut proposer une recommandation de déclassement à l’EE*, après s’être assuré que les doses aux cristallins et aux extrémités permettaient elles aussi le déclassement. Dans ce cas, l’EU peut décider de ne plus fournir les dosimètres à lecture différée réglementaires. Les travailleurs non- salariés n’ont plus besoin d’OCR. La mise à disposition des dosimètres opérationnels et les formations « Radioprotection des Travailleurs » peuvent être proposées par l’EU, afin de permettre aux intervenants l’accès en zones réglementées.
*Travailleurs non-salariés= Entreprises Extérieures
*Etablissement= Entreprise Utilisatrice
Caractérisation des zones de travail et des locaux adjacents
Cette approche de mesure en continu est un outil très appréciable afin de mieux caractériser les zones de travail et les locaux adjacents. Le cumul de dose mensuel, permet d’affiner les hypothèses retenues pour le zonage, ce qui a conduit dans notre cas à passer plusieurs salles de ZCV à ZSB.
La large gamme de sensibilité des capteurs RiumBox permet également d’exploiter les résultats d’ambiance dans les locaux adjacents.
Remarque :
Il est important de bien prendre en compte le bruit de fond propre de chacune des box, afin de ne pas surévaluer la dosimétrie d’ambiance.
Et d’un point de vue économique ?
La solution de dosimétrie connectée est une avancée très appréciable pour la gestion au quotidien de la radioprotection. L’offre modulable proposée par Rays Up peut aussi bien convenir aux exigences d’un CRP « sénior », qu’aux attentes d’un accompagnement renforcé pour épauler un CRP « novice ».
Cependant, quelques économies pourront être réalisées notamment :
- Sur le meilleur dimensionnement des EPC et des EPI mieux adaptés aux risques réels ;
- Sur la réduction du nombre de dosimètres à lecture différée réglementaires (pour donner suite au déclassement) et dosimètres d’ambiance (par remplacement des RPL) ;
- Sur les prestations d’organismes extérieurs (pour certains CRP) qui ne sont plus utiles ;
- Sur l’absence de nécessité d’investir dans un appareil de mesure ou de recourir à un organisme de contrôle pour les contrôles périodiques (option RiumStick) ;
- Pour les travailleurs non-salariés déclassés qui pourront se dispenser d’un OCR et dont la formation « Radioprotection des Travailleurs » pourra être à nouveau dispensée par le CRP de l’EU.
Rays Up remercie à nouveau Christophe Guillalmon pour la qualité de son expertise et pour son soutien précieux.
Poursuivez votre lecture et découvrez le déploiement de nos systèmes connectés pour la radioprotection du groupe Ramsay !
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